Résumé public du daf
Daf 84Baba Kama
Le daf poursuit la démonstration que « ayin taḥat ayin » désigne une compensation monétaire et non une mutilation réelle. Plusieurs preuves sont proposées puis discutées : l’égalité de la loi, le cas d’un aveugle ou d’un amputé qui blesse, les répétitions de versets, les témoins zomemim, la crainte d’ajouter une vie à un œil, ou encore les paiements de douleur et de soins. Rav Ashi reformule sa preuve par gezerah shavah à partir du violeur, où « taḥat » renvoie clairement à l’argent. Rabbi Eliezer est alors relu non comme littéraliste, mais comme discutant la manière d’évaluer le nezek. Les récits du daf mènent à la question des tribunaux de Babylonie : ils jugent ce qui est fréquent et relève d’une perte monétaire, mais non les cas de dommage corporel à une personne. Le daf revient enfin à l’évaluation du tzaar et à la mahloket entre Rabbi Yehouda HaNassi, ben Azzai et Rav Pappa.
Les points à retenir
- Le daf accumule des dérivations en faveur d’une lecture monétaire de « ayin taḥat ayin », tout en examinant les objections de chaque preuve.
- Rabbi Eliezer n’est pas compris ici comme exigeant de crever réellement l’œil, mais comme parlant du mode d’évaluation du dommage.
- En Babylonie, les juges agissent comme délégués des juges d’Eretz Yisrael seulement pour les affaires fréquentes impliquant une perte monétaire, non pour les knassot ni pour les blessures corporelles humaines.
- Le paiement du tzaar peut exister même sans diminution de valeur sur le « marché des esclaves », selon la lecture retenue de la michna et de la baraita sur « keviyya » et « ḥabura ».