Résumé public du daf
Daf 12Guitin
Le daf s’ouvre par une limite possible au parallèle entre pe’a et saisie pour un créancier. Rabbi Eliezer peut autoriser l’acquisition de pe’a pour un pauvre parce que le preneur pourrait rendre ses biens hefker et devenir lui-même pauvre, tandis que les Ḥakhamim peuvent l’interdire là-bas à cause du verset « tu ne glaneras pas pour le pauvre ». La sugyah examine ensuite si un maître peut dire à son eved : « travaille pour moi et nourris-toi de tes gains ». Plusieurs preuves sont proposées puis nuancées : la mishna, l’esclave exilé en ville de refuge, les années de famine, la consécration des « mains » de l’esclave, puis l’indemnisation due au maître quand l’esclave est blessé. Rav tend finalement à rejeter le travail sans entretien, tandis que Rabbi Yoḥanan paraît l’admettre. Le daf revient enfin au débat entre Rabbi Meir et les Ḥakhamim sur l’affranchissement d’un esclave de Cohen et la perte de la terouma.
Les points à retenir
- Le désaccord entre Rabbi Eliezer et les Ḥakhamim au sujet de la pe’a ne prouve pas automatiquement la règle d’une saisie faite pour un créancier au détriment d’autrui.
- La distinction centrale de la sugyah est souvent : le maître a-t-il dit à l’esclave « nourris-toi de tes gains », et ces gains suffisent-ils réellement ?
- Rav et Rabbi Yoḥanan servent de tests importants pour la question de l’entretien de l’esclave, mais ils n’aboutissent pas à la même implication.
- Pour Rabbi Meir, la liberté n’est pas toujours un avantage pour l’esclave : un eved de Cohen perd par l’affranchissement son droit de manger de la terouma.